11 novembre 2008
CREYSSE.futur Carrefour et tourisme sur la commune
Le Conseil municipal s'est réuni jeudi 6 novembre. La question du renouvellement du contrat du responsable des services techniques, Pascal Pinotti, s'est posée. Il avait été embauché le 1er juin pour une période probatoire de six mois. Des états de service éminemment positifs suscitent la satisfaction générale des élus. Ils décident donc, à l'unanimité, de lui proposer un nouveau CCD, pour une durée de trois ans.
Carrefour. Bien que gérée par la Communauté de communes, l'implantation de l'enseigne Carrefour touche de près la commune. C'est pourquoi le maire, Frédéric Delmarès, informe les élus des derniers rebondissements du dossier. « Le projet Carrefour, c'est un saut d'obstacles permanent. Toutes les semaines, il y a un nouvel obstacle à franchir. » Ultime péripétie en date, un recours contre le permis de construire, présenté par l'Association creyssoise de conseil et d'information. Selon Frédéric Delmarès, « ces gens-là sont toujours sur notre dos. De tels recours entraînent des retards pour les entreprises et la mise en danger des emplois. Dans la conjoncture actuelle, il y a des sujets avec lesquels on n'a pas le droit de plaisanter. »
Tourisme. Après l'endormissement de ces dernières années, un nouvel essor du tourisme sur la commune semble poindre. L'exploitant des gabares bergeracoises envisage d'étendre son activité vers Creysse. Et l'association capraisienne les Pesqueyroux a un projet d'exposition sur la batellerie, à Bella-Riva.
Assainissement. Une réhabilitation complète du réseau d'assainissement va être engagée. Le coût des travaux devrait être de l'ordre de 500 000 à 600 000 euros.
Cantine scolaire. Le Conseil municipal envisage d'instaurer un repas bio par semaine, sans toucher au prix du repas facturé aux parents, particulièrement bas : 1,85 ?.
Colis de noël. Suite au succès de l'opération Colis de Noël pour les personnes âgées, menée pour la première fois l'an passé, le Conseil municipal décide de reconduire un tel geste d'attention envers les seniors.
LAMONZIE-MONTASTRUC. HOMMAGE.

Mobilisé dès les premiers jours de 1914, le soldat Jean Ponterie de Lamonzie-Montastruc a connu les horreurs de la Grande guerre jusqu'au bout. En partant, il avait promis à sa jeune épouse Jeanne de lui écrire tous les jours. Il a bien eu du mal à tenir sa promesse, mais il lui a tout de même envoyé 391 cartes postales.
Des envois que Jeanne a conservés précieusement jusqu'à la fin de sa vie dans les années 1980. Et c'est au fond d'un sac-poubelle, après son décès à la maison de retraite, que son neveu les a sauvés in extremis. Il les a remis à Max Olive, bien connu pour son attachement au devoir de mémoire (il est à l'origine du mémorial d'Afrique du Nord à Coursac).
À partir de ces documents émouvants, il a commencé à reconstituer la vie de ce soldat, en complétant son histoire par une importante documentation. L'an prochain, il devrait éditer un livre illustré avec de nombreuses cartes qu'il pense sobrement intituler : « Jean Ponterie, dit Louis, cordonnier de village, soldat de la guerre 1914-1918 ».
« Santé excellente ».
Ce soldat ordinaire, écrit évidemment sans faire de vagues : ses cartes doivent passer la censure. Et il ne tient pas à affoler sa famille. « La formule qui revient le plus souvent est santé excellente » souligne Max Olive. Étonnant quand on sait que le soldat Ponterie avait été gravement blessé et s'est retrouvé très malade. Mais après une période de convalescence dans la Manche, il était reparti au front.
Ce n'est qu'à de rares moments qu'il glisse des allusions à la guerre, du genre : « on monte en première ligne » ou « il y a eu de la casse » ou « nous sommes dans des boyaux ». Mais la prose du poilu est plutôt destinée à rappeler à son épouse lointaine qu'il l'aime toujours et qu'il la couvre de baisers.
D'ailleurs, les cartes postales fournies par l'armée invitent à ce genre de propos : au début de la guerre les images étaient plutôt guerrières et elles deviennent d'un romantisme aux couleurs roses au fur et à mesure que la guerre s'enlise. À travers cette correspondance, c'est aussi toute l'histoire de la séparation qui s'exprime. Un sentiment que connaît bien Max Olive, qui a fait 28 mois d'Algérie.
Un régiment décimé.
L'histoire du soldat Ponterie est aussi celle de toute cette guerre. Au fil de ses envois on le voit passer dans la Somme, dans l'Aisne, dans la Marne, à Verdun, à Arras, tout au long de la ligne de front.
Il est signaleur (il envoie des messages en morse). Un poste qui lui a peut-être permis de survivre jusqu'à la fin de la guerre. Il en est revenu et a vécu jusqu'au début des années quarante après être devenu gendarme.
Il était pourtant passé à travers des horreurs dès les premiers jours du conflit. Max Olive a retrouvé l'histoire de son régiment, le 20e RI de Montauban, quasiment décimé : sur les 3 300 hommes, il n'en reste plus que 524 après les batailles à la frontière belge. Dans ses cartes, le soldat Ponterie se contente d'évoquer sa santé.
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